Oued Zem / décharge publique Dégradation alarmante de la qualité de vie

Khabar khouribga: Elazhar

Fumées toxiques issues de la combustion fréquente et anarchique des déchets, pollution atmosphérique affectant directement la qualité de l’air, infiltrations de lixiviats, proliférations de vecteurs de maladies, nuisances olfactives par la diffusion d’odeurs nauséabondes persistantes, contamination des sols et des nappes phréatiques, pollution de l’air, l’existence de la décharge non contrôlée d’Oued Zem génère des conséquences directes sur l’écosystème local dont et des nuisances quotidiennes exaspérantes.

Ainsi, la problématique de la décharge publique à Oued Zem comme dans d’autres dépotoirs de la province de Khouribga nourrit quotidiennement de fortes tensions sociales en raison de ses impacts écologiques et sanitaires. A cet effet, les habitants d’Oued Zem manifestent régulièrement leur colère : Rassemblements et sit-in organisés pour dénoncer la dégradation de la qualité de vie, pétitions menées par le tissu associatif local pour exiger le respect du droit à un environnement sain, plaintes répétées concernant l’augmentation des maladies respiratoires chez les enfants et les personnes âgées vivant à proximité du site

Face à ces nuisances quotidiennes, cette mobilisation citoyenne a souvent poussé les autorités locales à réagir et donc espérer des perspectives et des projets de réhabilitation se conformant à la loi 28-00 relative à la gestion des déchets ou ordures ménagères, Un programme de mise à niveau a été initié sur fond d’un budget de 29 millions de DH débloqué conjointement par le ministère de l’Environnement pour réhabiliter et fermer définitivement les décharges d’Oued Zem et de Bejaia. Création de centres de transfert pour acheminer les déchets ménagers vers une décharge provinciale contrôlée et moderne. Initiatives de tri à la source comme celles portées par l’Association Oued Zem pour le Développement et la Communication visant à intégrer socialement les chiffonniers locaux. 

Or, malgré ces réactions des autorités et ces enveloppes financières, la lenteur de la mise en œuvre complète cristallise toujours la frustration au sein de la population locale. La gestion de la décharge publique à Oued Zem a longtemps constitué un défi écologique majeur pour la province de Khouribga et face à cette situation, les autorités ont engagé la réhabilitation et la fermeture progressive du site traditionnel au profit d’un système moderne de transfert des déchets vers le Centre d’Enfouissement et de Valorisation (CEV) de la province. 

Cette bien amère dégradation des conditions de vie a poussé les habitants d’Oued Zem et le tissu associatif local à multiplier les actions de protestation et des demandes de délocalisation de la décharge sauvage et de son éloignement des zones résidentielles. Parallèlement à la persistance du mal et des plaintes, des organisations locales, telles que l’Association Oued Zem pour Développement et Communication, se sont mobilisées pour lancer des projets pilotes de valorisation et de tri à la source des déchets ménagers afin d’intégrer socialement les chiffonniers traditionnels.

 De plus, et comme réponse institutionnelle et solutions en cours, Oued Zem s’inscrit dans le cadre du Programme National des Déchets Ménagers (PNDM) visant à éradiquer les décharges sauvages au Maroc. Pour la valorisation locale, des projets associatifs portés par l’Association Oued Zem pour Développement et Communication continuent de lutter contre l’impact environnemental des déchets. Ces actions permettent d’employer des ouvriers locaux et d’intégrer les chiffonniers au sein de coopératives de tri formalisées. 

Rappelons qu’au Maroc, la production moyenne annuelle de déchets ménagers avoisine de nos jours 7 millions de tonnes dont environ 5,5 millions de tonnes (78 %) d’origine urbaine : c’est presque l’équivalent d’un kilo par jour et par individu. 

 

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